Les Français n’aiment plus leur banque (et ils ont raison)

Une grande étude sur la relation des Français à leur banque est sortie, et les résultats sont accablants

Cher lecteur,

Le cabinet d’études Opinion Way a réalisé une grande enquête[1] sur la relation des Français à leur banque, et les résultats sont accablants :

  • 73% des Français jugent les produits d’épargne proposés par les banques incompréhensibles.
  • 86% des Français trouvent que les banques ne sont pas transparentes !
  • 73% seraient prêts à changer de banque pour savoir où va leur argent.
  • 74% des Français seraient prêts à changer de banque pour être certains de son intégrité et de son indépendance.

Les Français ont de gros doutes sur le système des banques. 

Et ils ont raison !

Car la spirale négative dans laquelle elles enferment leurs clients depuis 10 ans n’a plus de limite.

Et leurs pratiques sont terribles, en particulier pour les épargnants qui leur ont trop fait confiance :

Les banques prennent des risques fous avec VOTRE argent, et menacent de tout perdre !

Je vous ai alerté à de multiples reprises ces derniers mois sur les risques insensés pris par les banques françaises, et l’information est désormais reprise partout. C’est affiché en titre du journal Le Monde

Même Le Figaro alerte sur leur vulnérabilité :

Quand une telle information apparaît dans ces grands médias qui défendent toujours le système, c’est qu’il est déjà trop tard !

Car cela fait des années (depuis 2009) que les banques dépassent toutes les limites malgré les mises en garde des autorités.

Ces mises en garde portent en particulier sur leurs montants colossaux d’actifs pourris, ou “créances douteuses” comme disent ceux qui veulent éviter le sujet.

Que sont ces « Créances douteuses » avec lesquelles jouent les banques ?


Ce sont des prêts accordés par votre banque qu’elle considère comme… irrécupérables, qui ne seront jamais remboursés.

Ces prêts pourris se chiffrent en dizaines, voire en centaines de milliards d’euros dans les banques françaises.

Voilà qui est bien étonnant, quand on connaît tout le mal que se donne une banque pour passer votre situation personnelle au crible avant de vous prêter le moindre euro…

Ces « créances douteuses » sont aussi des produits structurés complexes que les banques composent avec votre argent.

Par exemple, des produits composés d’un bout de crédit hypothécaire risqué, d’un morceau de dette d’un état en faillite, et de prêts à la consommation de personnes surendettées…

Les banques bricolent le tout, et ajoutent un bel emballage en promettant des rendements élevés à quiconque veut bien acheter ces produits sans savoir ce qui est derrière… 

Et lorsqu’un tel placement explose en vol, parce qu’un des prêts n’est pas remboursé, la banque se dépêche de créer de nouveaux produits encore plus pourris, pour dissimuler les pertes.

Ce serait bien plus sain et bien plus simple de constater la perte : mais comme le système des banques dépend de la confiance aveugle qu’on leur porte, elles ne sont pas prêtes à annoncer publiquement la moindre perte.

Voyez-vous la pyramide infernale que nos grandes banques montent volontairement depuis des années ?

Les montants d’actifs pourris grossissent encore et encore… Votre banque gère forcément des actifs pourris. Particulièrement si elle appartient au groupe BNP Paribas, Société Générale, ou même La Banque Postale qui sont les plus exposés en 2020.

On connaît bien les effets des actifs pourris.

En 2009, ces mêmes excès d’actifs pourris

  • ont mis en faillite presque du jour au lendemain le géant bancaire Lehman Brothers, les salariés devant quitter l’entreprise dans la journée,
  • ont ruiné des millions d’épargnants,
  • ainsi que toute l’économie mondiale.


Mais le jackpot est trop tentant pour les dirigeants des banques, qui en tirent de très gros bonus chaque année.

Bien sûr, tout cela va exploser d’un jour à l’autre, alors…

Nos autorités se renvoient la balle pour savoir qui va payer l’addition

Concrètement, voici ce qu’il se passe :

  • Les banques n’ont pas vraiment peur de faire faillite, car leurs dirigeants savent qu’ils seront pris en charge par l’Etat. C’est le principe du “Too big to fail” : la collectivité ne peut pas se permettre qu’une banque coule et entraine les autres banques avec, ce qui ruinerait le pays instantanément.
  • Mais l’Etat français, surendetté, n’a plus de ressources pour les soutenir, donc il renvoie la balle vers la Banque Centrale Européenne.
  • La BCE n’a pas de ressources suffisantes non plus. Elle n’a pas pu sauver la Grèce en 2009 (demandant finalement l’aide du FMI). Depuis, elle a donc édité les lois pour renvoyer la balle…
  • Aux épargnants ! Ainsi les déposants et clients des banques sont les premiers payeurs en cas de faillite.

Vous comprenez pourquoi cela vous concerne ?

Les pays européens ont décidé que si une banque devient insolvable à cause des actifs pourris qu’elle a contractés, c’est VOUS qui paierez en vous voyant prélevé directement sur vos comptes.

Vous serez prélevé d’une “taxe immédiate” pour quelque chose que vous n’avez ni choisi, ni signé nulle part.

Les banques jouent donc au poker avec votre argent. 

Leurs dirigeants s’enrichissent dans votre dos sans même vous prévenir, et c’est VOUS qui prenez tous les risques.

Quant-à la protection des 100 000 € du fonds de garantie des dépôts, je vous rappelle que c’est de la pure communication pour “garder le troupeau de moutons bien sage” :

  • Ce fonds a dans ses caisses de quoi rembourser moins de 100€ par épargnant français (vous pouvez le calculer sur son site internet)
  • A Chypre quand cela s’est produit sous l’égide de la BCE, certes les montants sous 100’000€ n’ont pas été prélevés en premier, mais les comptes ont été totalement bloqués, parfois plusieurs années.

Comment ferez-vous quand vous n’aurez plus aucun argent disponible de votre banque, du jour au lendemain, sans préavis, et sans rien récupérer pendant plusieurs années ?

C’est étonnant que cela, votre banque “oublie” complètement de vous en parler…

Elle ne vous parle pas non plus d’où elle place ses fonds (votre argent).

D’ailleurs votre banquier ne le sait même pas lui-même.

Dans ce système opaque, les banques divisent en trois structures différentes la partie commerciale (votre agence, votre banquier), la partie investissements, et la partie direction bancaire qui organise tout ce système.

Ainsi votre conseiller est seulement formé à vous fourguer des produits à forte commission – et il est rémunéré s’il réussit. Alors il vous parle des taux de rendement, de ses nouveaux placements, et c’est tout !

Les banques françaises se gavent en frais excessifs

Environ 25% des profits bancaires viennent des frais sur opérations et agios.[3]

Ces processus prennent de l’argent automatiquement aux épargnants. C’est de la pure marge pour les banques !

Et ils sont loin d’être anodins, surtout quand vous gagnez moins de 1% par an sur vos comptes et assurance-vie, et que les prix de la vie réelle augmentent dans le même temps de 1,4% par an…

Les frais bancaires sont la guillotine invisible de votre pouvoir d’achat !

Vous croyez que j’exagère ?

Chèque sans provision, rejet de prélèvement, agios, dépassement de découvert… Une enquête[2] de « 60 Millions de consommateurs » et de l’Union nationale des associations familiales (Unaf) relève que les commissions pour incidents de paiement se multiplient et rapportent 6,5 milliards d’euros par an aux banques françaises.

Le journal La Tribune souligne[3] : « une liste impressionnante de commissions en tout genre et régulièrement, l’industrie bancaire en invente de nouvelles », telle que la « lettre d’avertissement pour compte débiteur non autorisé » d’un montant de 12 à 20 euros qui s’est généralisée ! Chez BNP, cette « lettre » envoyée et affranchie par un robot est facturée 50€.

Si ces frais sont plafonnés depuis 2014, l’étude comparative montre que les banques facturent presque toutes le maximum autorisé par opération.

Ce sont aussi les abus permanents qui sont pointés par ces enquêtes. Et les associations ont déjà alerté les pouvoirs publics :

« L’Unaf demande aux pouvoirs publics de mieux encadrer ce système injuste (…). Il faut aussi responsabiliser les établissements bancaires eux-mêmes pour qu’ils adaptent leurs offres et leur modèle économique à ces publics de plus en plus nombreux. Enfin, il faut prendre acte que les banques n’assurent plus la mission de conseil pour ces publics. »

Toute la valeur part dans leurs poches : la preuve

Le rôle d’un bon banquier est d’assurer le financement de projets concrets et rentables, pour permettre à l’économie de fonctionner.

Le mauvais banquier, lui, profite de sa position privilégiée pour voler un maximum d’argent avant que cela ne revienne dans vos mains.

Avec les banques françaises, je crois qu’on a déjà dépassé la limite entre les deux depuis longtemps.

Si vous croyez encore (même un petit peu) que les banques s’organisent de façon bienveillante pour “vous faire rapporter de l’argent”, accrochez-vous bien et regardez le graphique de Natixis ci-dessous.

Voici comment les banques répartissent la valeur de l’argent qui passe entre leurs mains.

En gris c’est ce qui part pour elles, et en violet pour vous :

Les banques ont décidé qu’elles détourneraient pour elles-mêmes l’immense majorité des profits, réalisés avec VOTRE argent.

Est-ce qu’au moins elles prennent ces profits pour compenser des risques, qu’elles porteraient à votre place ?

Pas du tout : dès qu’une crise arrive ou que les taux d’intérêt baissent, la première chose que font les banques est de baisser le rendement des comptes et assurances-vie !

Je suis quelqu’un de terre-à-terre, et dans mon vocabulaire, prendre l’argent sans prévenir, en toute opacité et sans raison légitime, j’appelle cela du vol.

Du vol organisé même, car les banques commerciales sont un secteur sans concurrence (les quelques groupes bancaires forment un marché fermé).

Les grandes banques détiennent et lancent simplement des tas de marques commerciales…

Credit du Nord ou Boursorama appartiennent à la Société Générale

LCL et BforBank appartiennent au Credit Agricole

Bred, Caisse d’Epargne, Banque Populaire et Banque Palatine appartiennent à BPCE

CIC, Crédit Coopératif, Fortuneo, Monabanq, Cofidis appartiennent au Credit Mutuel

Fortis, Hello Bank, Cortal Consors et Cetelem appartiennent à BNP Paribas

Etc.

C’est pour toutes ces raisons qu’à titre personnel, j’ai fait le choix d’une banque mutualiste, qui propose davantage de transparence sur la répartition de valeur, et prend moins de risques.

Mais à la fin, ce sont toujours les mêmes dirigeants de ce système qui gravitent dans cet entre-soi de 5 ou 6 groupes bancaires, puis finissent ensuite dans un autre entre-soi : celui des couloirs de notre Ministère des Finances, à Bercy.

Alors n’attendez plus de votre banque des rendements optimaux.

Et comprenez que cela dépasse votre conseiller bancaire, qui essaye surement de bien faire son métier commercial.

Votre banque ne fait rien de plus que conserver de façon très risquée votre argent dans ses systèmes informatiques. Il est donc inutile d’y laisser davantage que ce dont vous avez besoin pour vos achats quotidiens.

Pour faire fructifier votre épargne, vous pourriez gagner davantage de façon certaine, même en n’y connaissant rien, le jour où vous arrêtez de passer par votre banque pour placer votre argent !

Sources

1. https://www.slideshare.net/mobile/JuliaMnayas/tude-opinion-way-pour-helios-et-si-les-banquiers-coutaient-les-franais
2. https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/12/03/en-europe-la-peur-des-banques-zombies_6062027_3234.html
3. https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/frais-bancaires-des-milliards-sur-le-dos-des-clients-en-difficulte-755667.html

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1 commentaire

Alain Bruyant 22 janvier 2021 - 19 h 40 min

Merci Olivier pour toutes ces infos.
Concrètement, comment acheter de l’or ? Faut-il aller dans les petites boutiques que l’on voie un peu partout en ayant le cours de bourses du jour ? et quel est la marge acceptable du vendeur ?

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