La grande relance n’aura pas lieu : la BCE rackettée par les banques

Cher lecteur,

Comment fonctionnait l’économie dans l’Antiquité, et au Moyen-Âge ?

Un roi pouvait “battre monnaie”, pour diffuser les pièces nécessaires à l’économie, et créer autant de monnaie qu’il voulait (tant qu’il avait le métal pour le faire).

Pieces or

En créant plus d’argent, il pouvait enrichir toujours plus son royaume, et sa population avec.

Cela parait si simple ! Beaucoup de despotes auraient pu en abuser et devenir très riches…

POURTANT, dans l’Histoire, les rois n’ont jamais trop créé d’argent.

Ils savaient qu’à chaque fois que de l’argent est créé en excès, cela finit en crise majeure pour la population.

Des siècles d’histoire l’ont montré : à la fin, l’argent ne vaut plus rien, l’excès de monnaie bloque tout le pays, et crée des révolutions…

Alors pourquoi depuis 10 ans nos dirigeants créent-ils toujours plus d’argent, de façon industrielle ?

Ils ont oublié les leçons de prudence du passé…

Avec leur folie créatrice de monnaie, ils se présentent comme des inventeurs de génie ! Ils disent avoir trouvé la formule magique : ils créent de l’argent pour les banques.

Est-ce que cela amène de la croissance ?

Non.

Et voici pourquoi, en dessin :

Quantitative easing

Quand la Banque Centrale Européenne verse des milliards d’euros en haut du système, à destination des banques, elles le gardent pour elles-mêmes. L’argent ne circule pas.

Et plus elle en verse, plus les banques le garde !

En réalité, voici ce qu’il se passe dès que les banques reçoivent l’argent « frais » créé par la BCE :

  • Elles s’accordent des prêts entre elles pour compenser leur niveau de risque ;
  • Elles rachètent à risque des crédits de pays déjà surendettés…
  • … Ou bien elles parient sur toutes sortes d’opérations spéculatives !

L’argent reste bloqué dans les banques et la spéculation financière.

Si bien que depuis 10 ans cela ne crée aucune croissance.

Cela ne bénéficie qu’aux banques elles-mêmes, qui engrangent des profits records pendant la période de crise.

Alors pourquoi nos dirigeants continuent-ils si cela ne fonctionne pas ?

C’est que dans notre système, il y a deux types de discours.

Le discours des apprentis-sorciers, qui disent espérer relancer la croissance et rendre tout le monde riche en créant de l’argent… C’est ce que vous entendez tout le temps dans les medias, et je crois que c’est de la poudre aux yeux.

Et il y a le discours en interne : le pouvoir appartient aux banques, au travers de l’argent qu’elles détiennent.

Ce sont elles qui ont le pouvoir de financer l’économie réelle, les entreprises, les artisans, l’immobilier des familles, les associations… 

Tout ce que, ni l’Etat, ni la Banque centrale ne peuvent faire.

Et les banques ont pris à leur avantage cette création monétaire excessive ! Leurs dirigeants, tous membre de l’intelligentsia parisienne et des cercles de l’Etat (X-Mines, ENA, inspection des finances) ont découvert comment prendre le pouvoir d’une économie toute entière en retenant l’argent à sa source.

Mais comme elles sont privées et qu’elles n’appartiennent pas à l’Etat… elles cherchent d’abord à s’enrichir, et garder tout cet argent pour elles.

Elles veulent satisfaire leurs actionnaires encore assez fous pour leur faire confiance tant qu’elles entretiennent cette rente.

Et elles se fichent complètement du bien commun.

D’ailleurs en ce moment, les banques privées sont particulièrement “frileuses”.

Elles ont reçu gracieusement 1,3 trillions d’euros de liquidités à l’été 2020 (soit 13 fois plus que tout le plan de relance français), mais elles sont encore “frileuses”…

Le Figaro

Le Figaro espérait que cela leur “permette de financer l’économie”.

Mais ce n’est pas le cas. Les banques ont pris l’argent, et depuis, plus rien. Cet argent ne descend pas vers l’économie qui en a besoin : les particuliers et les entreprises en France.

Et pour bien cacher aux citoyens ce nouveau contrôle de l’argent, les banquiers ont pu compter sur une invention de leurs technocrates alliés de la BCE.

Ce nouveau système de création et distribution s’appelle “TLTRO III” – mais ne vous laissez pas impressionner par ces acronymes, qui participent à perdre les journalistes et le grand public dans ce que j’appelle le grand nuage de fumée de la finance.

En réalité, il faut surtout retenir que cet argent reste bloqué dans le monde financier.

Il a servi des placements complexes et inutiles à la croissance, car il n’atteint jamais l’économie réelle.

Alors que peut faire la Banque centrale pour forcer les banques à assumer leur rôle ?

Théoriquement elle pourrait les contraindre à redistribuer efficacement cet argent.

Mais cela ne se passera pas, car les banques ont trop de pouvoir pour ça.

D’abord, ce sont elles qui financent directement nos pays surrendettés.

Ensuite, elles dirigent les instances de la BCE – je vous explique pourquoi dans un instant.

Alors que fait la BCE pour espérer que les banques redistribuent l’argent ? Accrochez-vous bien…

La Banque Centrale Européenne leur prête encore plus, et les paie pour qu’elles prennent cet argent !

Cela parait fou…

Pourtant voici une info que vous n’avez lue dans aucun media :

Dans un mouvement désespéré pour que les banques privées se remettent à prêter un petit peu à l’économie, la BCE a proposé à nouveau 174 milliards d’euros frais aux banques privées.

Et surtout, pour qu’elles acceptent de prêter cet argent gratuit, elle a modifié son taux de prêt pour le passer à -1%.

C’est à dire que la BCE, en plus d’offrir des liquidités gratuites aux banques… leur offre 2 milliards d’euros pour leur permettre d’allouer l’argent public.

Ceci dans l’espoir qu’elles se mettent d’un coup à penser à l’économie réelle !

Ce n’est plus de la stratégie, ni de la politique, c’est de l’argent jeté par les fenêtres. On marche sur la tête.

Prets

On a confié aux banques le monopole des prêts à l’économie réelle…

Mais dès que la période se corse elles arrêtent d’aider l’économie.

Finalement, cela rejoint ce que je vous disais au début.

Il y a encore 10 ans, quand une grande banque allait mal, cela faisait du bruit et on la refinançait par de la dette nationale (non non, pas par nos impôts, avec de la dette c’est plus facile !)

Mais aujourd’hui, nous sommes tellement surendettés que ce n’est plus possible.

Alors nos gouvernants osent ce qu’aucun roi ni souverain n’a jamais osé dans l’Histoire :

Ouvrir librement aux banques privées la porte de l’argent public, pour qu’elles se financent à volonté, et sans espoir de retour positif pour les citoyens.

J’y vois une grande fuite en avant, d’autres y verront des copinages en haut-lieu, ou un modèle de pensée unique qui sert uniquement les plus riches. Chacun peut interpréter ces événements comme il l’entend.

Une chose est sûre, on est en plein dans la citation du visionnaire américain Henry Ford qui disait il y a 100 ans :

“C’est un fait que la population n’entend rien au système bancaire ; et si jamais elle le comprenait, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin.”

Henry Ford était l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme.

On venait alors de confier le rôle le plus vital pour l’argent du citoyen à une banque centrale… qui était tenue par des banques privées.

En Europe, c’est pareil.

508 des 517 sièges du conseil de la BCE sont occupés par des banquiers privés.

Un rapport de l’ONG “CEO” a listé les acteurs les plus puissants aux cabinets de la Banque Centrale Européenne : Euroclear Bank (23 sièges), Deutsche Bank (18), BNP Paribas (17), Société Générale (16), Unicredit (15)*

Ce sont les banques les plus spéculatives en Europe !

De multiples manières, ce système est pipé et défectueux.

Comment croire un instant que la BCE a choisi la meilleure option en renflouant gratuitement les banques, alors :

  • qu’elle est dirigée par ces mêmes banques
  • et que ces banques ont à la fois main sur la dette de nos états et la relance de l’économie ?

C’est seulement maintenant, 100 ans plus tard, après des pyramides de dettes et d’excès incroyables, que NOUS allons constater les dégâts de ce qu’avait vu Henry Ford !

Pourquoi cela n’arrive-t-il que maintenant ?

Je crois que tout est résumé dans cette fameuse phrase de George Bernard Shaw, qui date elle aussi d’il y a plus de 100 ans :

“Une banque vous prête un parapluie quand il fait beau,

et vous le reprend quand il pleut.”

En période de pleine croissance dans les années 1970, il paraissait logique à l’ex-Rothschild Georges Pompidou de confier tout le parapluie aux banques, pour qu’elles abritent l’État français.

Finalement ce n’est que la première fois aujourd’hui, depuis la Seconde Guerre Mondiale, que l’économie stagne et entre durablement en récession.

C’est donc la première fois qu’il “pleut” !

Et là, surprise ! On est en train de se rendre compte que les banques ne sont ni solides, ni responsables, mais qu’elles ont tout le pouvoir.

Quand il pleut, seul leurs intérêts financiers comptent.

Sans compter qu’à notre tête, nous avons désormais un président hyperactif qui, ex-Rothschild lui aussi, croit dur comme fer à ce système financier vicié, et trouve normal de s’endetter toujours plus pour enrichir les banques.

Gardez les yeux bien ouverts, et pour votre santé financière, surtout ayez une partie de votre argent hors des banques.

Sources

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1 commentaire

Dinoia eligio 18 octobre 2020 - 18 h 02 min

De qu’elle manière et a qui s’adresser pour acheter des devises étrangères, les criptomonnais comment faire pour en acheter,sans passer par les banques ? Merci pour votre réponse.

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