Dans la tête de Christine Lagarde

Christine Lagarde

Cher lecteur,

Le père de la finance moderne Mayer Amschel Rothschild disait au XVIIIe siècle :

« Donnez-moi le droit d’émettre et de contrôler l’argent d’une nation, et alors peu m’importe qui fera les lois. »

Cela nous rappelle l’immense pouvoir de celle qui dirige aujourd’hui l’émission et le contrôle de notre argent : Mme Christine Lagarde.

Je sais que je ne suis pas le seul à avoir un excellent a priori sur Mme Lagarde. Sa personne, droite, sérieuse, toujours impeccablement habillée, femme digne au milieu des requins de la finance cravatés, patronne du FMI puis première femme à diriger la BCE.

Elle incarne un certain type de réussite.

Mais quand on y regarde de plus près, Mme Lagarde est surtout une bête politique et une communicante, qui joue avec nos intérêts pour faire carrière.

Elle est devenue directrice du FMI sans la moindre expérience d’économiste (une grande première). Elle n’y a été recrutée que pour son anglais impeccable et ses talents de communication[1]… et sa docilité vis à vis des puissants.

Son mandat est donc de faire passer un plan que d’autres ont décidé pour nous.

Pour appliquer ce plan, elle se permet de dire des choses complètement fausses. Car, comme tous les communicants au pouvoir, elle est intimement persuadée que le bien commun passe avant la vérité pour les citoyens.

Bel exemple le 9 avril dernier, où Mme Lagarde essaie de nous redonner confiance sur l’état des banques européennes :

« Leur ratio de capitaux propres a pratiquement doublé, leur cadre réglementaire a été renforcé et leurs superviseurs sont bien plus vigilants et scrupuleux qu’ils ne l’étaient à l’époque. Le secteur bancaire est aussi solide qu’on peut le souhaiter ».

Comme vous le savez grâce à mes derniers articles, c’est un incroyable mensonge qui va à l’encontre des rapports publiés par ses propres équipes !

Car rassurer les marchés, rassurer les Etats, rassurer de temps en temps les citoyens font partie du plan de Mme Lagarde, quitte à mentir dès que nécessaire.

Mais le plus inquiétant, c’est son « plan » pour l’avenir.

Je vais vous le dévoiler dans une seconde, mais d’abord, petit retour en arrière pour bien comprendre ses priorités :

2011-2019 : Mme Lagarde s’occupe des comptes, pas du citoyen

Si vous êtes persuadés de la bonne volonté de Mme Lagarde, voici un rappel des faits marquants lors de ses derniers mandats :

  • Juillet 2011 : Mme Lagarde lance rapidement les grandes manœuvres au FMI. Elle incite les Etats-Unis à augmenter le plafond de dette publique. Puis elle publie une tribune importante dans le Financial Times qui appelle les économies avancées à s’endetter davantage pour assurer la croissance. Pas très responsable, pour celle qui impose une austérité violente aux malades de la dette… mais comme une vraie femme politique, elle jongle avec les contradictions sans que personne ne lui reproche.
  • Mai 2012 : Christine Lagarde conseille aux Grecs en grande difficulté de “commencer par s’entraider collectivement en payant tous leurs impôts” dans une interview media, ce qui met le feu aux poudres puisqu’elle-même ne paie aucun impôt. Une défiscalisation totale étant offerte en avantage spécial aux directeurs généraux du FMI.
  • Octobre 2013 : le FMI de Mme Lagarde préconise aux dirigeants européens une taxe immédiate de 10% sur l’épargne de tous les ménages en cas de problème de dette en Europe[2] (je vous en ai parlé dans mon article sur vos comptes en banque).
  • Début 2015 : Mme Lagarde négocie le renouvellement du plan de redressement de la Grèce. Les citoyens grecs, exténués après 7 ans d’austérité, votent “NON” à un nouveau plan d’austérité, lors d’un référendum officiel déclenché par le gouvernement. Ce plan promet au peuple encore plus de privations et la ruine de la classe moyenne pour payer les créanciers. Mme Lagarde passe en force, faisant fi de toutes les règles démocratiques, et impose un nouveau plan dramatique pour la Grèce.
  • Mars 2017 : le FMI de Mme Lagarde publie à l’étonnement général un rapport de 36 pages[3], qui donne un “cadre de travail” aux politiciens du monde entier pour la suppression progressive de tout argent liquide en circulation. Ce qui permettrait à nos gouvernants de contrôler et taxer l’intégralité de notre argent. Ce rapport absolument choquant est disponible sur le site internet du FMI. Il détaille comment lutter “contre la vision fondamentale et humaine des droits du citoyen”, et comment dépasser l’indignation probable du peuple à qui l’on vole ses droits. Machiavel n’aurait pas publié un meilleur rapport s’il avait vécu à notre époque et travaillé au FMI…
  • Juin 2017 : le FMI de Mme Lagarde publie un nouveau Rapport ultra-offensif intitulé “Cash is dead” – L’argent liquide est mort[4]. Mme Lagarde pèse de tout son poids pour que les institutions puissent contrôler les citoyens, et faire peser sur eux le poids de la dette (alors que le problème de dette vient des gouvernements, pas du tout des citoyens !).

En résumé, il faut reconnaître les dangereux points communs dans les actions de Mme Lagarde : elles sont toujours liberticides, et le peuple est toujours le grand perdant.

Le plan de Mme Lagarde à la BCE : faire mourir votre épargne

C’est Monsieur Draghi qui a commencé à porter le plan anti-épargne de la BCE depuis plusieurs années. Dès 2012, il avait déjà baissé les taux d’intérêt à moins de 1%[5].

Christine Lagarde a pris la suite pour aller encore plus loin. Elle l’a dit sur la radio RTL dès l’annonce de sa prise de poste à la BCE, fin 2019 :

“Chacun de vos auditeurs est à la fois un salarié, un épargnant, un emprunteur.
Les impacts des taux d’intérêt vont affecter chacune de leurs dimensions.
Je pense qu’on sera plus content d’avoir un emploi plutôt qu’une épargne protégée.”
[6]

Voici donc son mandat : pour que “on” soit “content”, elle va tondre l’épargnant, tondre les emprunteurs, sous prétexte de garder les emplois.

Le choix de société a déjà été fait, sans vous !

Et elle va l’appliquer consciencieusement.

  • Les taux vont rester le plus bas possible (sans doute durablement en négatif),
  • Les aides seront envoyées aux entreprises plutôt qu’au citoyen, pour conserver les emplois,
  • Les banques seront soutenues coûte que coûte pour éviter des faillites incontrôlables.

Dans l’histoire, c’est l’épargnant LE grand perdant de toutes ces mesures.

Cela veut dire que chaque année et ceci depuis 2019, vous allez perdre un petit peu d’argent, sans vous en rendre compte.

  • Vos livrets ne rapportent plus rien,
  • Les frais des banques et assurances ne vont cesser d’augmenter,
  • Et comme la BCE injecte des centaines de milliards d’euros au reste de l’économie, mais pas à vous, l’euro perd sa valeur doucement et progressivement. Vous subissez une perte de pouvoir d’achat progressive sans même vous en apercevoir.

Il est loin le temps où l’Etat, libre de ses moyens dans les années 1970, proposait aux citoyens des solutions gagnants-gagnants qui rendaient tout le monde plus riche (livret A, assurance-vie, …). Aujourd’hui, si après une longue vie de travail vous stockez votre argent pour votre famille, votre retraite ou votre sécurité, vous êtes devenu l’ennemi n°1 du système : le méchant épargnant qui empêche la croissance.

C’est quand même fort à entendre ! Surtout venant de nos gouvernants, qui ont profité de 50 ans d’endettement irresponsable pour se faire élire, et ont complètement “oublié” pendant 50 ans de réformer les banques. A la fin ce serait vous, le bon gestionnaire innocent, qui empêchez le système de tourner.

Mieux vaut entendre ça que d’être sourd, comme on dit…

Pourquoi votre épargne embête autant Mme Lagarde

Peu importe que vous aimiez ou non Christine Lagarde, elle ne vous aime pas !

Avec vos montants élevés d’épargne, vous gênez son plan.

Vous comptez sur votre argent pour vivre, alors qu’elle veut le brûler pour en faire de la croissance.

Vous le savez, l’objectif partagé par tout le monde est de relancer la croissance.

La première façon de relancer la croissance serait de laisser les Etats investir. C’est ce qui a marché à de multiples reprises depuis les années 1950. L’Etat repère des secteurs stratégiques et crée des nouveaux débouchés, ce qui incite les entreprises à elles-mêmes investir.

Pourtant au Japon, aux Etats-Unis, en Europe, personne ne choisit cette voie. Tout le monde est en mode défensif, et les banques centrales ont pris le rôle principal.

C’est la deuxième façon pour relancer la croissance : rendre l’argent accessible pour faciliter le crédit, et ainsi stimuler l’investissement.

Mme Lagarde en particulier, agit encore et encore pour que l’argent ne vaille plus rien.

Avec notamment deux mesures :

  1. Elle baisse le coût de l’argent, avec les taux d’intérêt (qui sont ensuite répercutés sur tous les crédits, et les taux d’épargne)
  2. Elle augmente le volume d’argent en circulation, qu’on appelle la masse monétaire (la banque centrale “crée” de l’argent autant qu’elle veut)

Sauf que… ça ne marche pas du tout !

L’argent est devenu gratuit (!) Les taux d’intérêt sont négatifs. Pourtant personne n’investit depuis des années, et la croissance reste proche de zéro…

Car la réalité se rappelle à nous : la limite de l’argent gratuit, c’est que l’argent n’est qu’un moyen.

Même avec de l’argent gratuit, si personne ne s’enthousiasme, s’il n’y a pas de débouchés ou de nouveaux développements dans l’économie réelle, alors personne n’investit… aucun nouvel emploi n’est créé…

Pire même, tout le monde stocke cet argent frais en attendant une meilleure période !

La flambée des prix de l’immobilier depuis 2012 en France en est la preuve. Les particuliers placent et achètent dans un secteur qui crée très peu d’emplois. Cela n’a rien de productif pour le pays, mais cela permet de gérer son patrimoine quand la vraie croissance n’est pas là.

Et on obtient une belle équation perdant – perdant – perdant.

  • Les entreprises n’investissent pas malgré les taux bas, donc l’activité et l’emploi stagnent,
  • les banques et assurances s’enfoncent dans la crise,
  • et pendant ce temps les épargnants perdent de l’argent chaque année.

Le plus fou dans cette histoire, c’est que même sans croissance depuis des années, Mme Lagarde a pris la suite de M. Draghi et persévère dans l’erreur.

Car l’Europe, comme les Etats-Unis et le Japon, ont un dangereux secret : le surendettement.

Aujourd’hui, les Etats ont beaucoup de mal à maintenir leur gigantesque dette publique. En France l’Etat annonce pour l’année 2020 : 97 milliards d’euros de dette court-terme à rembourser, soit son plus gros budget, devant l’Education nationale toute entière (72 milliards) et la Défense (44 milliards)… alors que les taux d’intérêt sont très bas – ça devrait être beaucoup plus cher !

Pourtant ils empruntent, empruntent encore…

Désormais ils empruntent pour payer les intérêts…

Et pour continuer à emprunter, ils ont besoin que les taux d’intérêt soient les plus bas possibles.

C’est une nécessité. Si les taux remontaient, la France comme d’autres pays européens ne pourrait plus soutenir sa dette et devrait alors se déclarer en faillite, comme la Grèce en 2009.

Et voilà : la BCE nous bassine depuis une dizaine d’années que “la croissance va revenir grâce à un crédit bon marché”. Plus personne n’y croit. Les dirigeants de la BCE n’y croient pas non plus.

Chaque année les taux sont encore plus bas, encore plus bas, encore plus bas…

Et on a droit à un beau double discours : Mme Lagarde vous dit “croissance”, “emplois”, “pauvres épargnants”.

Mais le vrai problème n’est pas la croissance, qui est de plus en plus faible. C’est l’état de nos dettes publiques qui bloque tout. La BCE n’a pas le choix à cause du surendettement des Etats, et ça continue.

Alors on tue votre épargne, sans vrai espoir que ça serve la croissance (depuis 2011, on s’en serait rendu compte), avec pour principal objectif d’éviter la faillite des Etats.

Et ils ont fait venir Mme Lagarde pour cette raison. Mme Lagarde doit communiquer, rassurer, tout faire pour qu’on ne parle pas des problèmes, et éviter une panique généralisée.

Est-ce que la croissance va revenir de façon magique, et les dettes se réduire toutes seules ? Pas du tout !

Comme tous les économistes, vous voyez bien que c’est un serpent qui se mord la queue :

  • pour réduire leur dette massive, nos dirigeants espèrent depuis des années un retour de la forte croissance,

Mais comme cette croissance ne vient pas,

  • ils favorisent encore plus l’endettement avec des taux d’intérêt très bas,
  • et choisissent des mesures qui ne relancent pas la croissance.

Mme Lagarde, dans l’intervalle, touche son salaire pour ruiner votre épargne sans que vous vous en rendiez compte.

C’est pourquoi il est urgent de prendre les moyens, maintenant, de protéger votre épargne efficacement.


SOURCES :
[1] Le Monde – Christine Lagarde, les clés d’une ascension
[2] Le Figaro – Supertaxe du FMI sur le capital
[3] FMI – Macroeconomics of Decashing
[4] FMI – Cash is
Dead / la fin de l’argent liquide
[5] Banque Centrale Européenn
e – Entretien de Mario Draghi
[6] RTL – Christine Lagarde et la croissance mondiale

Sources

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